Django Unchained
DJANGO UNCHAINED
Année de parution : 2013
Durée : 165 minutes
Genre : Western spaghetti
Synopsis
En 1858, dans le Sud des États-Unis, quelque temps avant la guerre de Sécession, un ancien dentiste allemand reconverti en chasseur de primes, le Dr. King Schultz libère Django, un esclave, et le forme afin de lui permettre de libérer sa femme des mains de Calvin Candie, un riche et terrible propriétaire terrien.
______
Un sujet difficile traité avec un humour parfaitement dosé
Un film estampillé Tarantino est toujours un évènement. Passé maître dans l'art de faire rire lors de situations pourtant chargées de violence, le réalisateur oscarisé s'attaque là à un sujet tabou et qui risque fort de faire grincer des dents de l'autre côté de l'Atlantique : l'esclavage.
Car ce chapitre très sensible de l'Histoire des Etats-Unis est tourné ici par moments en dérision. Tarantino avait fait de son précédent film, Inglourious Basterds, un récit uchronique et complètement barré. Il continue dans un registre un peu similaire puisque l'histoire raconte celle d'un esclave affranchi parti exterminer du Blanc afin de sauver sa dulcinée, elle-même esclave pour un riche propriétaire de plantations. Tarantino prend son temps pour dérouler son récit dans sa totalité, n'omettant aucun détail. Rares sont les films à dépasser les deux heures : il ne faut pas ennuyer le spectateur. Là, le long-métrage annonce 165 minutes, soit 2h45 !
Et pourtant rien à dire, Django Unchained capte notre attention et est projeté devant nous un petit bijou aux dialogues alternant sérieux et répliques complètement loufoques compte tenu du contexte. On rit facilement tout en se demandant comment Tarantino arrive à ce résultat en traitant d'un sujet si sensible. Car nous rions de bon coeur devant les débuts maladroits du Ku Klux Klan, nous rions de bon coeur devant les scènes gorgées d'hémoglobines parsemant le film. Nous rions facilement mais avec une certaine retenue.
Car comme à son habitude, Tarantino ne s'autorise aucune censure et ne se gêne pas pour montrer la cruauté sans limites que peut éprouver l'Homme envers ses congénères : les Noirs ne sont que des esclaves et servent par ailleurs de distractions pour les Blancs. Donc quand Django arrive affranchi, sur son cheval et aux côtés d'un Blanc (Christoph Waltz), ça fait forcément désordre en cette période de traites négrières. Sous fond de vengeance dans un Sud des Etats-Unis profondément raciste, ce cow-boy noir va donc affronter ses anciens tortionnaires à l'aide de l'ancien dentiste devenu chasseur de primes, le bien nommé King Schultz.
Devenu lui-même chasseur de primes, Django partira ensuite sur les terres de Calvin Candie (Leonardo DiCaprio) avec Schultz pour libérer sa femme donc.
Agrémenté de joutes verbales toujours aussi savoureuses, le récit fait se succéder tour à tour des scènes anodines menant à des plans d'une violence extrême, dont les références proviennent directement de films d'exploitations.
Tarantino surprend en nous endormant avec des échanges d'une grande banalité puis, après nous avoir fait croire que tout suspense était écarté, en nous donnant un bon direct dans l'estomac à travers des séquences inattendues.
Dernier point, certainement l'un des plus important de l'univers Tarantino : la musique. Les chansons sont encore une fois superbes et magnifient avec force un long-métrage déjà excellent en soi.